Mardi 21 juin 2005 St PierreRéveil 6h 45, il fait gris ! Aujourd’hui nous partons visiter Miquelon, Langlade et le Grand Barachois où se trouve une colonie de phoques. Le départ du bateau est prévu à 8h 30. Après un petit déjeuner à la française, croissants, chocolatines, pain, confiture d’abricots et de bleuets (myrtilles) accompagnés de café et de jus d’oranges, nous partons au port où nous embarquons à 8h 30. Il faut 55mn pour arriver à Miquelon. Durant cette traversée, nous faisons connaissance avec Pascal, notre guide pour l’excursion sur le grand Barachois. C’est le responsable de l’office de tourisme de St Pierre et Miquelon, il a 34 ans. Pendant tout le voyage, Pascal nous parle de St Pierre et Miquelon et de son économie, c’est très intéressant. A l’arrivée, Bianca de l’office du tourisme nous attend, elle nous prend en charge et nous amène au bureau de l’office du tourisme. Il y a un autre couple de Toronto en visite à Miquelon, mais nous sommes les seuls à avoir pris la visite guidée de la ville, aussi Bianca est notre guide particulier, c’est du sur mesure ! Comme le temps menace, Pascale interverti les visites et nous amène directement au grand Barachois voir les phoques. Là aussi nous sommes seuls et avons notre guide particulier. Nous prenons un 4x4 jusqu’au Grand Barachois, puis prenons un Zodiac et traversons la lagune jusqu’à la passe vers la mer à la recherche des phoques. Ils sont au rendez vous, ils sont près du bateau, mais sont très rapides et le bateau bouge beaucoup, il est très difficile de faire des photos. Le temps est médiocre, la brume épaisse, il fait très froid et nous avons les doigts gelés. Arrivés à la passe, nous découvrons des colonies de phoques sur la plage. Nous nous en approchons en faisant le moins de bruit possible pour prendre des photos, mais ça bouge beaucoup. Nous ne pouvons pas arrêter le moteur de peur qu’un phoque ne passe sous le zodiac et qu’il se blesse lors du redémarrage du moteur. Malgré cela nous photographions tout ce que l’on peut voir, nous ferons le tri après. De retour au bureau de l’office de tourisme, nous commandons 3 homards vivants chez un pêcheur recommandé par notre hôte, Mme Vignau, nous les mangerons ce soir. Bianca, qui nous attendait, nous fait visiter Miquelon et les alentours jusqu’à Mirande elle nous raconte son histoire. C’est un village de 700 habitants d’origine basque, acadienne, bretonne et normande. Les premiers occupants les Acadiens sont arrivés en 1763. L’électrification de Miquelon date de 1951. L’électricité est produite par des générateurs diesel et des éoliennes. L’eau courante à base d’eau de puits est apparue en 1958, elle n’est traitée que depuis 1998. L’ensemble Miquelon/Langlade fait environ 50 km de long sur 13 km de large. Entre 1600 et maintenant 650 naufrages ont eu lieu, ce qui a donné naissance en 1883 aux 2 uniques phares existants sur Miquelon et Langlade. Nous prenons en photo le phare du Cap Blanc. L’origine du rattachement des 2 îles Miquelon et Langlade, viendrait de l’ensablement progressif autour des épaves de bateaux qui aurait donné naissance à la digue actuelle. L’architecture de St Pierre et Miquelon est caractéristique. A l’origine, les maisons étaient uniquement en bois, les murs recouverts de bardeau de bois de cèdre peint de couleurs vives. Progressivement pour des raisons de facilité d’entretien, ce bardeau est remplacé par un bardeau en plastique généralement blanc. Actuellement au niveau de la construction elle-même, la partie inférieure est constituée de blocs de polystyrène dans lesquels ils coulent du béton, la partie supérieure restant en bois. A Miquelon se trouve le seul centre de quarantaine existant en Amérique du Nord. Il a servi il y a quelques année au transit de lamas dont il reste quelques spécimens à Miquelon. Fin juin et juillet, il est possible de manger les racines de certaines fougères, ici ils appèlent cela la banane ou la noix sauvage. Notre guide nous en fait goûter, c’est bon. Depuis 1996, ils élèvent des canards qu’ils gavent manuellement, et produisent du foie gras et des confits ! Ils essayent également maintenant de faire du Couscous. A 13h notre guide nous quitte pour aller manger, nous en profitons pour visiter la ville à pied. Maintenant il fait très beau. A13h 30 Bianca revient pour continuer notre visite par l’église, construite en 1865, dont le plafond est composée de 3 coques de bateaux. Nous récupérons nos homards, 2kg pour 20 euros ! Nous faisons une visite à la poste, puis retrouvons l’autre couple de touristes pour prendre un minibus qui va nous amener à Langlade où nous devons prendre le bateau pour St Pierre. Langlade est tout petit, il n’y a pas de port ni de ponton pour embarquer, nous prenons un zodiac sur la plage qui nous amène jusqu’au bateau, « Le St Georges » mouillé un peu plus au large. Le retour vers St Pierre se déroule sans incident, à un moment nous sommes plusieurs, dont le capitaine, à avoir vu comme un jet d’eau un peu à l’écart du bateau, c’est probablement une baleine. Malgré le ralentissement et les détours du bateau nous n’aurons pas la chance de la voir. En arrivant à St Pierre, nous passons à coté de l’île aux chiens (ou île des marins). C’est une île « musée » depuis qu’elle a été abandonnée et qu’elle n’est plus habitée. Il est possible de la visiter car l’architecture traditionnelle a été préservée et entretenue. De retour à St Pierre, nous passons au point Internet de SPM Telecom pour envoyer quelques messages et donner de nos nouvelles, puis nous continuons la visite de la ville commencée la veille. Le soir, nous mangeons avec Mme Vignau, nous sommes ses seuls locataires. Elle a fait cuire les homards, préparé une mayonnaise, et une tarte aux moules selon une recette à elle, un véritable délice. C’est la première fois qu’elle invite ses pensionnaires à sa table. Elle a dressé une jolie table pour l’occasion. Nous en profitons pour faire plus ample connaissance. Elle est veuve de marin et vit de ses locations. Elle nous parle de la vie quotidienne, actuelle et passée, de St Pierre et Miquelon. Bien qu’étant la France, les choses sont différentes lorsque l’on vit sur une petite île dans l’Atlantique nord. Il n’y a pas de supermarché comme en métropole, il n’existe que des épiceries de quartier ou des « superettes ». Une fois de temps en temps quand elle veut faire des courses un peu plus conséquentes, elle prend le bateau pour Terre Neuve, puis un bus jusqu’à Marystone pour aller au petit centre commercial que nous avons vu à l’aller. C’est la période du bac, à la télévision ils donnent les résultats. Ici c’est tout petit, tout le monde se connaît, et il donnent nominativement la liste des 11 ou 12 candidats avec les félicitations pour ceux qui ont eu des mentions. J’imagine s’ils devaient faire la même chose en métropole… Vu de St Pierre et Miquelon, la France est un pays qui inquiète par sa criminalité ! La télévision relaye une impression d’insécurité qui fait peur aux St Pierrais. Ils pensent que l’on peut se faire agresser partout et que les vols et destructions de voitures sont monnaie courante. Belle image de la France ! A tel point qu’ils recommandent aux futurs étudiants d’aller au Canada, à l’université au Québec plutôt qu’en métropole. Et ce n’est pas pour des raisons économiques. Par contre ici, la criminalité est quasi nulle et les maisons et voitures restent ouvertes, voir avec le moteur allumé. Cela ressemble à la France d’il y a 30 ou 40 ans.
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